OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
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Prises de position, réactions aux événements du secteur et déclarations officielles de la Direction Générale de l'OTIBCA.

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OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2024-006
15 avril 2024
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

L'OTIBCA appelle le Parlement européen à aller plus loin sur les restitutions

Suite au vote du Parlement européen du 12 avril 2024 sur la résolution relative aux restitutions, l'OTIBCA salue les avancées mais appelle à des mesures contraignantes.

L'OTIBCA prend acte avec satisfaction de la résolution adoptée le 12 avril 2024 par le Parlement européen appelant les États membres à faciliter le retour du patrimoine culturel africain et à réviser leurs législations pour lever les obstacles juridiques aux restitutions. Cette résolution marque une avancée symbolique importante dans la reconnaissance par l'Union Européenne de sa responsabilité historique en matière de spoliation culturelle coloniale.

Toutefois, l'OTIBCA tient à souligner que les résolutions non contraignantes du Parlement européen ont, jusqu'à présent, produit des effets limités sur les pratiques des musées nationaux des États membres. La majorité des institutions culturelles européennes maintiennent des collections dont la provenance n'a jamais fait l'objet d'une vérification sérieuse. Seules la France, l'Allemagne et les Pays-Bas ont adopté des législations permettant des restitutions effectives, et encore de façon très limitée.

L'OTIBCA appelle le Parlement européen à présenter une proposition de directive contraignante obligeant les États membres à : (1) réaliser un audit de provenance de toutes les œuvres africaines acquises avant 1960 ; (2) engager des procédures de dialogue avec les États africains d'origine dans un délai de deux ans ; (3) financer un fonds européen de soutien aux restitutions de 50 millions d'euros sur cinq ans. La dignité culturelle de l'Afrique ne peut pas attendre.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org · +221 33 XXX XX XX
#Union Européenne #Restitutions #Parlement européen
OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2024-003
8 février 2024
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Rapport annuel 2023 : un bilan contrasté pour le patrimoine africain

Publication du Rapport annuel OTIBCA 2023 : hausse des saisies (+23%), stagnation des restitutions et nouvelles menaces numériques sur le marché en ligne.

L'OTIBCA publie aujourd'hui son Rapport annuel 2023 sur le trafic illicite de biens culturels en Afrique. Les données collectées par l'Observatoire auprès de 47 partenaires institutionnels dans 38 pays africains dressent un tableau contrasté : si les opérations de saisie ont augmenté de 23% par rapport à 2022 — signe de l'efficacité croissante des coopérations policières — le volume global des biens culturels africains circulant sur le marché illicite reste préoccupant.

Parmi les tendances majeures de 2023 : l'essor du marché en ligne constitue une nouvelle menace. L'OTIBCA a documenté plus de 1 200 annonces de vente d'objets africains à provenance douteuse sur des plateformes de e-commerce au cours de l'année (eBay, Facebook Marketplace, sites spécialisés). Les algorithmes de ces plateformes ne disposent d'aucun mécanisme de vérification de provenance et facilitent de facto le blanchiment de biens culturels volés.

En revanche, les restitutions restent insuffisantes. Si l'Allemagne a maintenu le rythme de ses transferts vers le Nigeria, la majorité des États européens n'ont pris aucun engagement concret en 2023. L'OTIBCA lance un appel solennel à la communauté internationale pour qu'elle traite la restitution du patrimoine africain avec la même urgence que les crises humanitaires : la perte de mémoire culturelle est une urgence civilisationnelle.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org
#Rapport annuel #Statistiques #Marché en ligne
OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2023-011
18 novembre 2023
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

OTIBCA à la Conférence de l'UNESCO Paris : déclaration conjointe avec 12 institutions africaines

À Paris, l'OTIBCA présente avec 12 institutions culturelles africaines une déclaration commune réclamant un mécanisme onusien de règlement des différends patrimoniaux.

En marge de la 42e session de la Conférence générale de l'UNESCO à Paris (14-22 novembre 2023), l'OTIBCA a présenté avec 12 institutions culturelles et muséales africaines une déclaration commune réclamant la création d'un mécanisme onusien contraignant de règlement des différends patrimoniaux. Ce mécanisme, que nous nommons le "Protocole de Paris", permettrait à tout État africain de saisir un comité d'arbitrage indépendant dès lors qu'une demande de restitution amiable resterait sans réponse satisfaisante dans un délai de 12 mois.

La déclaration a été cosignée par les directeurs des musées nationaux du Sénégal, du Ghana, du Nigeria, de l'Éthiopie, du Kenya, de Côte d'Ivoire, du Bénin, du Mali, du Cameroun, du Rwanda, de la Tanzanie et de l'Égypte. Elle a été accueillie favorablement par la Directrice générale de l'UNESCO, qui a annoncé la création d'un groupe de travail pour étudier sa faisabilité juridique.

L'OTIBCA tient à souligner que cette initiative multilatérale s'inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques bilatéraux menés par les États africains. Elle ne les remplace pas mais les complète en offrant un dernier recours institutionnel lorsque la voie diplomatique est épuisée. Nous appelons tous les États membres de l'UNESCO à soutenir cette initiative lors des prochaines sessions du Conseil exécutif.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org
#UNESCO #Diplomatie multilatérale #Paris
OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2023-007
28 juillet 2023
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Condamnation des destructions du patrimoine au Sahel — Appel à une mission d'urgence

Face à la recrudescence des destructions de sites archéologiques dans la bande sahélienne, l'OTIBCA demande une mission internationale d'urgence.

L'OTIBCA exprime sa vive préoccupation face à la recrudescence des destructions délibérées et des pillages de sites archéologiques dans la bande sahélienne, en particulier au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Les témoignages recueillis par nos équipes et nos partenaires locaux signalent des pillages massifs de sites préislamiques dans le delta intérieur du Niger, des destructions de mosquées-musées à Djenné et Tombouctou, et l'exportation clandestine de manuscrits anciens vers des réseaux nord-africains.

Ces destructions ne sont pas seulement une perte pour les pays sahéliens. Elles appauvrissent le patrimoine commun de l'humanité et constituent, dans certains cas, des crimes de guerre au sens de la Résolution 2347 du Conseil de sécurité des Nations Unies (2017). L'OTIBCA appelle le Conseil de sécurité à mandater une mission d'évaluation et de protection d'urgence du patrimoine sahélien, avec un volet policier international pour démanteler les réseaux de trafic actifs dans la région.

En attendant une réponse internationale, l'OTIBCA met à disposition de tous ses partenaires sahéliens une hotline d'urgence patrimoine (illicit-traffic@otibca.org) et une assistance technique pour sécuriser les inventaires numériques des collections à risque. Le temps presse : chaque semaine de retard est une semaine de destruction irrémédiable.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org
#Sahel #Urgence #Destruction #Mali #Burkina Faso
OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2022-009
5 juillet 2022
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Restitution des Bronzes du Bénin par l'Allemagne : une victoire historique, une première étape

L'OTIBCA salue l'accord historique germano-nigérian sur les Bronzes du Bénin tout en appelant les autres États à suivre cet exemple.

L'OTIBCA salue chaleureusement la signature, le 1er juillet 2022 à Berlin, de l'accord germano-nigérian portant sur la restitution de plus de 1 100 bronzes du Bénin par les musées allemands au Nigeria. Cet accord marque une rupture historique dans la politique culturelle internationale : c'est la première fois qu'un État européen procède à une restitution à cette échelle d'objets pillés pendant la période coloniale, sans conditions et sans exiger de compensation financière.

L'OTIBCA tient à honorer la mémoire des artisans royaux d'Ifé et de Benin City qui, entre le XIIIe et le XIXe siècle, ont produit ces chefs-d'œuvre du métal. Leur retour au pays est une victoire pour toute l'Afrique, et pas seulement pour le Nigeria. Il démontre que les demandes de restitution, portées avec patience et détermination, finissent par aboutir.

Cependant, cette victoire doit être une première étape, non un point final. Le Royaume-Uni détient encore environ 900 bronzes du Bénin au British Museum. Les États-Unis, la France, l'Autriche et les Pays-Bas en détiennent des dizaines d'autres. L'OTIBCA appelle solennellement ces États à prendre acte de l'exemple allemand et à engager sans délai des négociations sérieuses avec le Nigeria pour le retour de ces pièces. La dignité du peuple béninois ne se négocie pas par morceaux.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org
#Bronzes du Bénin #Allemagne #Nigeria #Restitution
OTIBCA
Observatoire du Trafic Illicite des Biens Culturels en Afrique
Réf. COM-2022-002
20 janvier 2022
COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Lancement de la plateforme numérique OTIBCA : nouvelle ère pour la documentation du patrimoine africain

L'OTIBCA lance officiellement sa plateforme numérique panafricaine de centralisation des informations sur le trafic illicite de biens culturels.

L'OTIBCA est fier d'annoncer le lancement officiel de sa plateforme numérique panafricaine, accessible à l'adresse www.otibca.org. Cette plateforme constitue une innovation majeure dans la lutte contre le trafic illicite de biens culturels africains : pour la première fois, une base de données centralisée, multilingue (français, anglais, arabe) et librement accessible rassemble les informations sur les objets volés ou illicitement exportés, les acteurs du réseau anti-trafic, les législations nationales et internationales, et les alertes urgentes.

La plateforme est le fruit de trois années de développement en partenariat avec l'UNESCO, l'ICOM, l'INTERPOL et 47 institutions culturelles africaines. Elle intègre une carte interactive des sites archéologiques à risque, une base de données d'objets volés avec moteur de recherche avancé, un registre des accords bilatéraux de restitution, et un module de signalement sécurisé pour les témoins de trafics.

L'OTIBCA appelle tous les musées, services du patrimoine, douanes et forces de l'ordre africains à utiliser cette plateforme comme outil quotidien. Elle est conçue pour être opérée sur mobile, avec une connectivité réduite, pour tenir compte des contraintes d'accès à Internet dans certaines régions du continent. L'accès est gratuit et sans inscription pour les informations publiques. Un espace professionnel sécurisé est disponible pour les institutions partenaires.

Signé par :
Prof. Amadou Kouyaté, Directeur Général de l'OTIBCA
Contact presse : presse@otibca.org
#Lancement #Plateforme numérique #Innovation